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Ils ont agi

Il rentre de Bolivie et témoigne :

Tant d’enfants hurlent en silence.
Ils portent en eux les cris d’une torture sans nom.

Ils se croient coupables du viol de leur innocence.
Quand le refuge de la drogue et de l’alcool est insuffisant,
les adolescents se tuent.

Enceintes, les jeunes filles se suicident.
Demandez aux femmes de parler… c’est un homme qui se lève.
Les yeux emplis de la terreur d’une vie d’esclave, les vieillards traînent leur corps mutilé.
J’ai pleuré… mais pas pour l’injustice, elle n’aura pas mes larmes.
J’ai pleuré la Justice, quand Kety, Moïses et Rosalinda ont quitté l’enfer des coups et de la faim dans les ordures.
J’ai rêvé de l’Amour et de la Joie des enfants de Voix Libres, qui partout chantent le changement et remercient la vie… C’était après l’insomnie, la nuit de l’accident à la mine, celui qui a pris la vie d’un bébé et de trop d’enfants, quand les freins du camion, une fois de plus, n’ont pas supporté le poids du profit meurtrier.
J’ai appris la magie du regard de l’enfant, celui qui sans jugement voit la beauté et ne connaît pas l’impossible.
Parce que les cimetières ne sont pas faits pour accueillir plus d’enfants que d’adultes, notre courage à tous est de dire non à cette fatalité et d’offrir à ceux qui sont broyés une vie digne. Cette dignité est le plus beau cadeau qu’ils puissent nous offrir. Ni richesse, ni pauvreté, dans le cœur n’existe que l’Amour capable de tout changer.

Merci d’entendre les cris silencieux de Kety, Moïses, Rosalinda
et tant d’autres qui attendent un parrainage...  Ils n’ont que nous.

Olivier Soret

Permanent à Voix Libres,
Olivier Soret est formé en hôtellerie, philosophie, sciences politiques et sociales et en économie solidaire.


Coordinatrice de Voix Libres Strasbourg,
Maud Brischoux est formée en Relations Internationales avec un Master en Coopération. Elle revient de Bolivie :

Gracias a la vida

Merci à la vie…
La chanson qui résonne dans mon cœur,
La chanson préférée de Ruben, Camila, Ana, Ines et Paula .
Celle que chantent à tue-tête et main dans la main les enfants du Lac Titicaca.

Gracias a la vida…
Une chanson qui jaillit du mutisme
le plus profond, du monde le plus injuste
où Rebecca, 6 ans, crie dans ses pleurs :
« Pourquoi souffre-t-on autant,
nous les enfants ? »

Dans leurs dessins, ils jettent douloureusement sur la feuille,
Leur passé de violence …

Coups de fouet et barre de fer,
Solitude, viols et travail forcé,

Claudia enfermée à longueur de
journée dans l’appartement,
Isamar délaissée par sa maman,
Camila qu’on forçait à manger ses excréments.

Eux, si peu épargnés par la vie,
abandonnés, piétinés, mutilés et discriminés,
donnent toute leur énergie à lui dire MERCI…

Une force incroyable pour pardonner,
aimer, donner sans compter,  et rendre
à la vie son humanité, en toute spontanéité.

Merci à vous pour être à leurs côtés
et leur donner le courage de dire non
à l’inhumanité...

Maud Brischoux


Gaëlle Le Berre revient de Potosí:

J’ai croisé un fantôme...
Il avait à peine 14 ans et poussait une brouette au fond de la mine.
Il faisait des allers et retours désarticulés.
Son visage était sans expression.
Ses yeux s’étaient éteints.
Tant creuser la roche lui avait creusé l’âme.
Des dizaines d’enfants le suivront si nous n’intervenons pas.

En parrainant une famille, vous sauvez 5 enfants de l’enfer de la mine…
alors la lumière dans les yeux des petits ne s’éteindra plus.


Voix Libres…
ou le rêve réalisé à chaque instant


Je reviens de Bolivie avec le sentiment d’avoir fait vivre mon idéal: insuffler la vie dans un lieu où la mort est partout, donner ma confiance à l’étincelle qui subsiste dans les corps brisés.
Je rentre fier du travail humain, efficace et juste qu’accomplissent sans relâche nos équipes pour que les pauvres reprennent confiance en eux-mêmes et osent retourner leur destin maudit.
J’aimerais vous dire aussi combien chaque centime que vous donnez vaut de l’or là-bas.
Il est utilisé au mieux, contrôlé sévèrement et ainsi se multiplie.
Si vous saviez la rigueur qu’il faut mettre en place pour que chaque coordinateur prenne sa responsabilité et ne reporte pas à demain le geste qui sauve, le mot qui redonne l’espoir…

Olivier Reymermier,
responsable de programmes


Premier voyage en Bolivie

Je travaille depuis 6 ans pour Voix Libres et je croyais m’attendre à ce que j’allais vivre… Mais la réalité à 5’000 mètres d’altitude dans cette montagne défie tous les cauchemars… les bouches serrées à force de retenir, les visages ridés et les mains de vieillards des enfants de 5 ans aux yeux éteints, aux pieds nus gelés dans la neige…
C’est dans la mine que j’ai compris le sens profond du mot fatalité : lorsque la mort et la souffrance sont le seul héritage d’un arbre familial aux branches cassées, torturées: père mort à 35 ans et grand-mère à 44 ans…

J’ai vu des femmes après 3 ans de micro-crédits, joyeuses et fières, parler devant un groupe de 500 personnes, hurler leur souffrance autrefois honteuse et muette, pleurer, partager leurs rêves, échafauder des solutions… Elles se tiennent droites, le regard sûr… « tous mes enfants vont l’école et savent lire et écrire… » et elles aussi.
Elles sont des « semeuses de courage » fantastiques pour toutes celles qui attendent de lancer leurs micro-entreprises, comme Manuela, 20 ans, qui avait peur de ne pas avoir un pain à donner à ses enfants le soir de Noël, dans son abri de pierre de 4m2.
Merci du fond du cœur d’offrir le plus beau cadeau de Noël à ces femmes: un micro-crédit.

« J’ai vu le miracle des walipinas, ces serres semi-souterraines qui donnent 5 récoltes par année à 4’000 mètres d’altitude. Ce sont de vrais jardins d’abondance sur l’altiplano désertique… aujourd’hui, plus de 25 walipinas redonnent vie aux enfants dénutris des campagnes de Bolivie. »

Ophélie Schnoebelen,
directrice de Voix Libres France

 

 

 

 


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